L'Histoire de Sancta-Trinitas

 

            Perchée à 3 kilomètres de Lillebonne, sur des collines de 146 mètres d'altitude, dominant une petite rivière, la Trinité du Mont était jadis une dépendance de l'Abbaye de Fécamp située sur  la voie romaine de Juliobona (Lillebonne) à Gravinum (Grainville la Teinturière). Ce village possède une église, dédiée à la Sainte Trinité, où l'on découvre, parmi les pierres des XVIème et XVIIème siècles, des vestiges du XIIème.

            A partir de 1319 on ajoute à son nom de Sainte Trinité le qualificatif du Mont.

            Au moment de la Révolution, "La Trinité" disparut du vocable et ce lieu devint simplement "Le Mont". Mais, ce ne fut pas pour très longtemps !...

            En 1670, la majorité des habitants est condamnée à l'amende pour n'avoir mis au greffe aucune nomination de collecteurs depuis déjà plusieurs années, ce qui est une sorte de rébellion contre le Roi.

            L'Abbé Holley y naquit en 1765 et parvint au vicariat général du diocèse, après avoir été professeur, puis supérieur au "Grand Séminaire de Rouen".

            La Commune de la Trinité du Mont possède également un petit cimetière protestant.

En 1861, Pierre-Alexandre Lucas, cultivateur à Lintot, achète par adjudication une petite masure à la Trinité du Mont. En plus, il hérite de son père, Pierre-Abraham Lucas, mort l'année précédente, de quelques acres de terre situés près de cette masure. Comme il envisage de venir y vivre en rentier avec sa femme et sa fille unique, il se fait bâtir une maison en briques qui existe toujours, en très léger retrait de la R.D. 34.

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Malheureusement, la jeune fille meurt après une brève maladie en 1864. Bien que décédée à Lintot, ses parents la font inhumer dans la cour de leur propriété de la Trinité et font ériger un mur autour de sa tombe afin de créer un petit cimetière familial. Un portail donne à l'intérieur de la cour. On peut en voir encore la trace aujourd'hui.

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Mme Pierre-Alexandre Lucas meurt 6 ans après en 1870 et est enterrée auprès de sa fille. Pierre-Alexandre Lucas meurt à la Trinité du Mont le 23 janvier 1876 et est inhumé dans ce petit cimetière, mais on ne voit plus trace de sa tombe.

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Les époux Lucas ne laissent donc pas de postérité et leurs biens reviennent à leurs 3 frères et soeurs. Cette propriété échoit donc à Henriette Lucas et son mari Joseph Cantais, mais ils ne l'habitent pas tout de suite puisque Joseph Cantais meurt à Grandcamp où il était herbager le 8 janvier 1883. Son épouse le fait inhumer dans le petit cimetière familial. Elle quitte Grandcamp et vient occuper sa propriété de la Trinité avec sa belle-fille, Mme veuve Alexandre Cantais et ses petits enfants. Quand elle meurt en 1896, elle est inhumée au cimetière communal. Il n'y aura donc plus d'autre inhumation dans le petit cimetière privé après celle de Joseph Cantais en 1883.

            En ce qui concerne son église, sa nef en pierre blanche et ses fenêtres cintrées avec meneaux. Cette construction, au premier coup d'oeil, passerait pour être du XVIIème siècle, mais on n'est pas peu surpris de lire à l'intérieur l'inscription suivante : 

En l'année de grâce mil cinq cent et onze a esté dédiée ceste église en l'honneur et louange de la Trinité, de par le 17 Juillet.

            C'est la première fois dans nos églises rurales que nous rencontrons le plein-cintre sous Louis XII. Cette nef fut ornée avec une certaine magnificence, on y mit des vitraux dont il ne reste que quelques fragments ; un Saint Jean, une Sainte Vierge et une Sainte Trinité.

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            Le choeur, bâti en 1685, renferme un joli tabernacle en bois de cette époque. On voit dans la nef, sur un devant d'autel, une Annonciation peinte au siècle dernier laquelle n'est pas sans mérite.

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            Des réparations furent faites dans cette église en 1780. Trollé, entrepreneur à la Frenaye, en fut chargé, il fit le clocher qui fut payé par M. de Malambert. En 1788, Bouju, de Lillebonne, y fit de nouveaux travaux, pour 694 livres. La grosse cloche avait été fondue par Dubois en 1750 et la Charité relevée par le cardinal de Joyeuse.

            Les dernières réfections du clocher et de la toiture datent en 1984.

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            Sainte Trinité du Mont ou des Monts relevait toujours de l'Abbaye de Fécamp. 

le presbytère    le presbytère

            Dans le cimetière est une croix de pierre au pied de laquelle on lit les caractères gothiques :

L'an cinq cent vingt trois,

Pierre Fallaize, en ceste place,

A fait et donné ceste croix:

Priez Dieu que pardon lui fasse.

croix

            Au XIIIème siècle, c'était une cure de 36 paroissiens ; il y avait 38 feux au XVIIIème, ce qui était à peu près la même chose. Le village compte 366 habitants en 1906, ils sont 326 en 1930.  Aujourd'hui c'est une commune de 769 habitants (dernier recensement de 2007) annexée à Lillebonne.

            En ce qui concerne le Presbytère cet édifice est mis en location après la Guerre 1914-18, puisque la Trinité du Mont est desservie par le curé de Lintot.

            La Commune comptait dans les années 30, 3 cafetiers-épiciers. Aujourd'hui en 2003, il n'y en a plus aucun.

café Feray    chez Martin    restaurant Lemaire    maison "Bertois"

            Entre les années 1920 et 1935, le Conseil Municipal demande aux chasseurs de la région d'organiser régulièrement des battues aux sangliers, pour décimer ces animaux qui dévastaient les récoltes de la Commune.

            L'Ecole servait aussi de mairie ; il n'y avait qu'une seule classe qui regroupait environ 40 élèves au début du siècle dernier. le 30 Août 1924, le Conseil Municipal décide l'achat de 12 paires de galoches pour les enfants des familles les plus démunies et 20% des habitants de la Commune bénéficient alors d'une assistance médicale gratuite.

ancienne mairie    ancienne mairie

            En 1912, le Bureau de bienfaisance était géré par Messieurs Bellamy et Quibeuf, tous les deux conseillers municipaux.

            Après plusieurs années de refus auprès des P.T.T., le Conseil Municipal décide l'installation d'une cabine téléphonique en 1922 et en 1928 l'électrification de la Commune.

            La Société d'Energie Electrique installe une lampe à la mairie, 2 dans l'école et une prise de courant dans le logement de l'instituteur. 

            Dans les années 1930, le Conseil vote un budget pour alimenter un fonds de solidarité pour les chômeurs.

rue de l'église    "le château"    "le château"    "le quartier fleuri"    ferme Authouart    masure    rue Raymond Hervet    le village

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